Quand on muse sur les blogs des Copinautes pour laisser un amical "coucou", il arrive que tout à coup un billet nous accroche pour une raison de nous seuls connue.
C'est ainsi que de passage chez Septsup pour une pause provençale, sa création "Déjeuner entre amies" m'a attrapée par les bretelles pour un saut à l'élastique de plus de 60 ans en arrière.
Trois copines déjeunant sur fond de vieux immeubles parisiens et tour Eiffel en tout arrière-plan m'ont suffit pour changer d'air et d'époque.
Ça m'a fait un bien fou et le plaisir, ça se partage, surtout accompagné par Jean Gabin.
Souvenir en chanson pour une pause guinguette
Cette créa m'a rappelé le temps des jardins ouvriers, nombreux avant les années 70 et la frénésie de modernité du président Pompidou qui livra les jardins aux mâchoires voraces des bulldozers des promoteurs.
Enfant du Berry, mon grand-père eut la chance de s'en voir attribuer un et le weekend graines et plants côtoyaient les victuailles dans le coffre de la 403.
Les samedis étaient jours de fête !
A la fin d'un après-midi laborieux à essarter, éclaircir et biner on dressait la table sur la parcelle vide pour partager viandes froides, salades et pâtisseries maison.
Et en musique !
Un Italien apportait son vieux phono à manivelle et on écoutait les vieux 78 tours qui crachotaient tandis que la nuit tombait sur les toits de Paris. Parfois mon papy sortait son accordéon.
Alors sous les guirlandes d'ampoules qui s'allumaient, on guinchait y compris les petits qui ressemblaient à des canetons ivres en mimant les javas des grands !
A cette époque les voisins ne gueulaient pas, au contraire. Ils nous rejoignaient, apportant parfois leur "chopine" pour boire un "canon" et danser avec nous.
Les flics ? Ils étaient débonnaires et un coup de vin bouché ne les rebutait pas !
C'était avant qu'on partage nos vies sur Fesse-Bouc, avant qu'on invente la Fête des Voisins pour que les gens se reparlent.
C'était joyeux comme les guinguettes de Nogent, moins cher aussi, et quelle "Belle Équipe" !
La chanson fil rouge du film "La Belle Équipe"
1936 sera une année politiquement agitée. Hitler reprend le contrôle de la Rhénanie occupée par les Français et rejettera la proposition de paix française. Les J.O de Berlin seront un triomphe mondial tandis qu'à soixante kilomètres on construit Dachau. Mussolini annonce l'Axe avec l'Allemagne tandis que Franco massacre les Républicains espagnols.
En France c'est l'euphorie après l'élection du Front Populaire.
Fin du travail dominical, premiers congés payés, réduction du temps de travail, ce sont autant de réformes qui rendent les Français résolument optimistes.
Cette même année Julien Duvivier sort son film, "La Belle Équipe" avec Jean Gabin, Charles Vanel et Viviane Romance. Sans être à proprement parlé engagé, le film reflète l'état d'esprit du moment.
"La Belle Équipe" est formée par cinq copains, ouvriers au chômage, qui gagnent le gros lot à la Loterie Nationale. Avec ce pactole ils décident d'acheter une bicoque pour en faire une guinguette. Mais les aléas de la vie vont diviser les copains et une belle intrigante vénale portera le coup de grâce alors que la guinguette connait le succès dès son ouverture.
Scénariste, réalisateur, Julien Duvivier écrit une chanson, mise en musique par Maurice Yvan et Jean Sautreuil qui reviendra en leitmotiv tout au long du film, Quand on s'promène au bord de l'eau.
Interprétée par Jean Gabin avec Adolphe Deprince à l'accordéon, la chanson deviendra un énorme succès populaire porté par le triomphe du film dans les salles de cinéma.
Quatre-vingt dix ans après, même si on a oublié les couplets, le refrain revient en tête comme une petite ritournelle joyeuse et nostalgique.
38





trop sympa cet article... c est vrai que par les temps qui courent un petit retour dans le passé heureux n est pas négligeable... ah oui voulais te dire.. mon "bœuf" est mille fois plus beau que ton "ami"... Gros bisous
RépondreSupprimerM'enfin ! T'es malade ? Pour une fois tu ne me dis pas "ça ne nous rajeunit pas" :)
SupprimerC'est bizarre d'être nostalgique d'une époque qu'on n'a pas connue mais j'adore toutes ces vieilles rengaines.
Et pour ton bœuf... tu as mille fois raison !
Bisous
Ces morceaux n'ont pas d'age , surtout si comme moi on avait une mère qui chantait tout le temps ..J'aime bien ces retours vers ce passé chanté !!!
RépondreSupprimerMerci à toi
Bisous
Bonjour Claudine
SupprimerC'est marrant mais maintenant que tu me dis ça je m'aperçois que je n'ai jamais entendu ma mère chanter... Faut dire que je ne l'ai pas beaucoup vue non plus.
Je suis fan de ce répertoire et je le dois à ma grand' mère maternelle mais surtout au patron d'un bar à matelots d'Anvers qui a parfait mon instruction en la matière.
Bisous
Un très agréable retour dans le passé. J'aime beaucoup ces films qui nous content comment on vivait à l'époque... Ca me rend nostalgique d'une période que je n'ai pas connu ? Bien sûr, tout n'était sûrement pas parfait, la vie était certainement plus dure pour certains, mais on n'était pas aussi compliqué qu'aujourd'hui. Il était encore permis de dire ce qu'on pensait sans passer pour un raciste, un pédophile, un terroriste ou que sais-je encore ? Selon les situations bien entendu ! Contrairement à toi, ma mère chantait tout le temps et bien sûr ces airs qui sont pratiquement oubliés aujourd'hui, par la génération actuelle.
RépondreSupprimerBonjour Fred
SupprimerEncore en retard moi !
Oui c'est bizarre cette nostalgie d'une époque qu'on n'a pas connue... Je ne me l'explique pas vraiment. Le Front Populaire représente cependant une parenthèse historique à part car la guerre a interrompu les avancées sociales, les a mises en pause même si avec le Pacte de la Résistance de Gaulle en a conservé certaines en 1947.
Te rappelles-tu ce qui se chantait en 1919 ? Non n'est-ce pas. Ainsi va la vie Fred mais nous pouvons jouer un rôle dans la transmission de la culture.
Bises
Bonjour Pixelie, un joli retour en arrière pour remonter au début du vingtième siècle avec la gouaille, les ginguettes, l'accordéon, Paname et Jean Gabin . c'est bon comme un bon cote du Rhône !
RépondreSupprimerCoucou toi !
SupprimerC'est vrai que ça fait très image d'Épinal !
Mais comme disait Chevalier "Ça sent si bon la France ♪".
Ah ! Un bon p'tit Côtes du Rhône, je ne suis pas contre avec une cervelle de canut ou un bon gras double... Merde ! J'ai faim !
Bisous... parfumés.