"Industrie du disque"... C'est moche, hein ?
Si la fabrication de disque relève bien d'une industrie, comme la fabrication de tubes relève de la chaudronnerie (pouvais pas m'en empêcher !), la locution "industrie du disque" s'est étendue à la musique via la production de tubes, creux et rentables.
Heureusement pour les amateurs de musique et de chansons qui ont du sens, il reste des artisans, des Ugolin de la chanson qui font de "l'authentique" sous l'œil sceptique des Papet de l'industrie musicale !
Jerry Ox est de ceux-là, qui entre deux scènes intimistes tricote patiemment un répertoire aux thèmes contemporains mais à l'ancienne.
"Schiltigheim" entre poil-à-gratter et tendresse
Si vous faites partie des fidèles Melomaniacs, le nom de Jerry Ox ne vous est pas inconnu car il intervient souvent dans ces colonnes et partage l'univers du Magicien Ox, entre coups de patte et poésie.
Derrière une tronche qui évoque Tintin ou le Professeur Choron, Jerry OX abrite un humour décapant et salutaire ainsi qu'une passion manifeste pour le cinéma et la chanson. Auteur, compositeur, interprète, il est aussi chroniqueur radio. Il se décrit en toute simplicité.
Auteur ,compositeur , interprète . Pour le plaisir des mots, des notes et avant tout pour pouvoir partager des émotions avec les autres
Il a l'humour à fleur de peau comme le révèlent certains titres tels Rendez-moi mes cheveux ou encore Inch Shalom, titre pied-de-nez pour sujet plus grave.
Il a aussi des convictions chevillées au cœur qu'il exprime avec la force tranquille de l'altruiste convaincu qui a plus d'espoir que d'illusions. qui entre Manifester et Devenir Sage fait le choix de dénonce la Décadence.
A l'annonce de la sortie de son nouvel album "Schiltigheim" sorti le 13 mars dernier, je suis partie à la découverte de ce nouvel opus.
Le tour de pistes
- Le b a ba du candidat ne pouvait pas tomber mieux en pleines municipales et tandis que ça s'écharpe déjà furieusement pour la présidentielle !
Sur une mélodie joyeuse rythmée par un tambourin, Jerry OX livre le mode d'emploi universel des candidats au pouvoir suprême en un texte simple, humoristique et au refrain accrocheur tandis qu'on tape dans ses mains avec entrain sur cette jolie leçon de marketing politique. - Du plus beau des ramages se fait plus mid tempo et plus lourd, entre guitare et harmonica pour un traité sur l'inégalité de la condition humaine en mode de la Fontaine. Les jeux de mots fleurissent pour dénoncer un jeu de dupes.
- Pistache en blanc et noir c'est un duo en mode dessin animé qui ravira tous les amoureux de chats. Cette chanson sonne comme un impro, très "visuelle" à laquelle le mirliton (ou kazoo) confère cette touche facétieuse des chats heureux et farceurs. Mrrrraowwww...
- Ma Lugdunum est une chanson capitale pour se rappeler que Paris ne fut pas la première. La première quoi ? Ben capitale, voyons ! Promenade à deux dans l'ancienne capitale des Gaules pour découvrir d'un pas alerte les recoins de Lyon avant de se poser au bord du Rhône.
- Schiltigheim, titre éponyme de l'album, nous amène au nord de Strasbourg. Son intro, plus rock sur un tempo qui m'a rappelé un peu le riff du Jean Genie de Bowie annonce un morceau plus sombre façon dans mon HLM mais en Alsace, sur fond de crise socio-identitaire et de malaise traduit par un harmonica dissonant.
- Tous les doutes sont permis est un pamphlet contre les théories du complot qui fleurissent dans les media. A travers ce petit catalogue non exhaustif de conneries en tout genre, A travers cette chanson qu'il qualifie de "chanson poil à gratter", Jerry OX nous met en garde contre ceux qui aimeraient bien que nous abaissions la nôtre.
- Qu'est-ce qu'on va chanter aujourd'hui m'a rappelé les années hippies tant par sa construction que sa thématique du bonheur malgré tout. Pas à tout prix. J'ai ressenti cette chanson comme un petit cantique laïque qu'on chante en cœur pour rendre le moche moins moche.
- 21ème dans les écoles cache derrière sa nostalgie d'enfance un constat alarmant sur ce qu'est devenue l'école de la République laïque. La mélodie légère n'atténue pas le propos qui nous rappelle que cette école là que certains font passer pour ringarde était encore l'école de la citoyenneté.
- Des banderoles et des panneaux évoque le temps où le pire qu'on risquait dans les manifs était un coup de matraque sur la gueule, avant que crever un œil ou arracher une main devienne la norme du maintien de l'ordre. C'est aussi l'évocation de cette littérature particulière qui fit de certains slogans de grands classiques de la revendication, du temps d'avant que les manifestants deviennent des "séditieux".
- Un ami, "un frère de cœur qui nous a choisis" sonne comme une profession de foi, sinon comme un "vie ! mode d'emploi". Chanson tendre, voire reconnaissante, elle arrive comme une conclusion logique de cet album, comme un rappel à l'essentiel.
Un album aux petits oignons, "fait maison"
Pourquoi en parler alors ?
Primo parce que c'est mon blog et je fais qu'est-ce que je veux et deuzio parce qu'il me touche.
1↑ La cervelle de canut n'est pas du tout de la cervelle ! Fromage frais (faisselle) bien égoutté et bien battu assaisonné d'échalotes, d'ail et d'herbes aromatiques (ciboulette, persil et cerfeuil), c'était le plat des canuts, ouvriers de la soie, au XIXème siècle, industrie prospère de Lyon à l'époque.



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