Mais puisqu'on te dit que c'est l'printemps !

C'est encore le printemps #2

 Le printemps est LA saison où chansons et musiques fleurissent comme pâquerettes dans les prés. D'un continent à l'autre les artist...

01 août, 2024

Pauline Carton - Les Palétuviers

Pauline Carton... (ben quoi ? Y a bien eu Plastic Bertrand !)

Un nom injustement oublié et puisque nous sommes dans les journées du patrimoine, j'en profite pour partager avec vous ce grand moment de chanson et de diction, avec une actrice incontournable de la première moitié du 20ème siècle.

Pauline Carton et Michel Simon

 Pauline Carton est née dans une famille bourgeoise mais progressiste (aujourd'hui on dirait sociale démocrate) le 4 juillet 1884 à Biarritz et est décédée à Paris le 17 juin 1974.
Le moins qu'on puisse dire est qu'elle a eu une vie bien remplie !

Derrière la bouille, une tronche

Pauline Carton vue par Sacha Guitry (Drouot)
Éclipsée par la personnalité exubérante d'Arletty, cette biarrote avait pourtant la même gouaille de titi parisien et un humour décapant.

Pauline Carton, c'est d'abord une bouille. Elle n'a pas la séduction d'une Arletty, d'une Yvonne Printemps, véritables stars de l'époque.

Une actrice populaire et lettrée

On la cantonne souvent aux rôles de bonnes ou de femmes "du peuple", mais ce physique ne l'empêchera pas de tourner dans plus de 250 films, aux côtés des plus grands (Fernandel, Michel Simon, Sacha Guitry), de jouer environ une trentaine de pièces de théâtre, de tourner pour la télévision, d'animer des émissions de radio et, d'écrire des livres !

Pour l'époque, c'est une femme émancipée : les tâches ménagères, le mariage et les contraintes, en général, ce n'est pas son truc !

Pauline Carton n'est pas qu'une bouille. C'est une "tronche" !

Lettrée et cultivée, elle allie, en plus, une vivacité d'esprit à une mémoire qui pousserait un microprocesseur au suicide. Avec tant de qualités, on pourrait craindre qu'elle ne chopât le melon, mais son sens de l'humour et de l'autodérision prouve qu'il n'en est rien, et Marthe Mercadier la cite dans ses mémoires.

Quand j'étais jeune, j'avais le visage lisse et des robes plissées, maintenant, c'est le contraire

Même Arletty qui avait l'admiration plutôt chiche, écrira à son tour :

Pauline [...] était d'un niveau supérieur, tant au niveau culturel qu'intellectuel. Trop souvent, elle était cantonnée dans les rôles de bonnes : peut-être avait-elle l'âme d'un premier rôle, sans en avoir malgré tout le physique

Il est hautement probable que ce sont toutes ces qualités qui lièrent Sacha Guitry et Pauline Carton par une amitié indéfectible. Outre le fait qu'il l'a fit jouer dans vingt-deux de ses films, il fit d'elle une assistante officieuse, efficace et de toute confiance.

Les Palétuviers, la leçon de diction

J'ai déjà mentionné ici les 78 tours de ma grand' mère et sa joie de me les faire découvrir.

Dans ma famille, du côté maternel, on ne rigolait pas avec l'instruction ce qui passait par une bonne élocution.
Comme tout le monde, j'eus droit à la terrible phrase, à répéter de plus en plus vite "J'ai vu six sots suçant six cent six saucisses, six en sauce et six cents sans sauce" (sur laquelle je butte encore).

Outre le sens de la pédagogie, mon pépé avait aussi le sens de l'humour.
Il estima que parfaire mon élocution en musique était une bonne idée. C'est ainsi que Ray Ventura (Les Chemises de l'archiduchesse) devint mon répétiteur "attitré" par 78 T interposé.

Ça marcha si bien qu'il ressortit le 78 tours pressé en 1936, extrait de l'opérette Toi c'est moi, sur lequel Pauline Carton reprend avec André Berley le titre créé en 1934 avec Koval. 

C'est ainsi que fière comme Artaban, je défilais dans le couloir de mes autres grands parents, beuglant à tue-tête du haut de mes 5 ans "Aimons-nous sous les palé, Prends-moi sous les létu, Aimons-nous sous l’évier!", non sans me demander comment on pouvait tenir debout sous les laitues !

Par contre, je mis un peu de temps à comprendre pourquoi cette chanson n'amusait que modérément ma mère, quand c'était sa fille qui la chantait ¿

► Paroles

 

Marie-Laforêt en fit une reprise, avec Alain Weill, reprise sur laquelle je ne m'exprimerai pas par courtoisie pour toi cher Auditeur.

 

 

11 commentaires:

  1. Bonjour

    merci de ce moment dans le passé avec cette actrice que je connais par certains films
    et la chanson je la connais pas Marie Laforet eh eh eh

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    1. Hello Phil

      Je n'aurai pas la cruauté de répéter ici ce que j'avais dit autrefois, mais... je n'ai pas pu m'empêcher de le dire quand même dans le billet.
      J'ai regardé cette reprise et je l'ai trouvée très pénible à écouter et de surcroit dénuée du charme de l'originale. En plus, Marie La

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    1. Bonsoir Anycolour
      Sans les exercices de diction de mon Pépé, je l'aurais probablement oubliée mais ces histoires de laitues et d'évier, ça m'a marquée ! ;D
      J'aime aussi en regarder de temps à autre mais c'est plus l'univers musical qui me branche, ce que tu constateras très vite.

      Dis-moi... ton film, ce ne serait pas une suite de meurtres dans la même famille avec le même acteur qui joue tous les rôles des membres de la famille ? Si ce n'est pas David Niven c'est l'autre monstre sacré du cinéma anglais dont le nom m'échappe complètement pour le moment ?

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    2. Dans ma lointaine jeunesse (te marre pas, insolent !) j'ai vu un film plutôt particulier et so british.
      Hier j'ai retrouvé l'acteur et le titre ce matin mais c'est revenu de loin ! "Noblesse oblige" avec Alec Guiness ?

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  3. Coucou Pixelie,
    Différence de matières en effet, car si, entre autres qualités, Pauline savait chanter, Plastic est un spécialiste du playback...
    Bisous

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    1. Coucou !
      Elle savait chanter, certes mais avec une sacrée voix de crécelle !
      On est loin des effets de gorges (insupportables) à la mode depuis Céline Fion
      Bisous

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  4. Je vois que celui_ci est partit après mettre déconnectée et re-connectée à Google donc je met mon avis

    : Voila une artiste et un article qui me mettent en joie .
    D'abord j'aime l'artiste , belle personne . ensuite j'aime cette histoire d'élocution : ces six cents saucisses avec ou sans sauce ouvre l'appétit et cette histoire d'amour qui finit sous l'évier ouvre la curiosité ;
    Bon je retourne en pleine forme m'occuper de mes envahisseurs sous les palétuviers !
    BigBizz

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    1. Coucou ma Louloute !
      C'est un peu long et sa demande un peu de travail mais j'adore trouver des petites anecdotes à propos des artistes ou des œuvres.
      Pour mes "saucisses", je ne l'ai pas dit, mais il est arrivé que ma mère me fasse répéter ça avec un crayon entre les dents ! Je me demande si elle n'était pas un brin sadique...
      Bisous

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