La Musique c'est simple comme "bonjour" !

C1 C2
"La musique n'a pour ainsi dire point de réalité ; elle n'imite pas, elle exprime. La musique est à la fois une science comme l'algèbre, et un langage psychologique auquel les habitudes poétiques peuvent seules faire trouver un sens.

Franz Liszt

La Paix est dans de beaux draps

Il y a des chansons qui vous plantent du rêve au cœur. Un refrain s'accroche comme un mantra, tellement hypnotique que pour un peu on y croirait...
A chaque fois on se dit "Cette fois, c'est sûr ! Cette fois c'est la bonne !". 

Et vlan ! Un taré déboule, soutenu par aussi taré que lui (voire plus) qui veut montrer qu'il en a une plus grosse paire que le voisin. Alors, la main sur le cœur il jure qu'il ne veut que la paix et il envoie des mecs impuissants mais plus cons que lui se faire hacher menu sur les champs de bataille.

Pourtant merde ! On y croyait ! 

►Give Peace a Chance (War is Over)

 

 

26 février, 2026

Bruce Springsteen, "La Terre Promise" sous la glace

Il est de tous les combats, défendant pied à pied son idée de l'Amérique terre de Liberté et d'accueil, depuis des décennies.
Ce patriote born in the USA ne s'est jamais couché, n'a jamais fermé sa gueule même sous la menace.

Bruce Springsteen a vieilli mais il reste le Boss quand il s'agit de dénoncer haut et fort ce qui ne va pas dans son pays qu'il aime profondément.
A l'instar d'autres vedettes telles Robert de Niro, Meryl Streep ou le regretté Harry Belafonte qui salua la première élection de Trump d'un vibrant "Bienvenue dans le 4ème Reich !", le Boss ne mâche pas ses mots.

Depuis son entrée en politique, Donald Trump est sa bête noire et ce dernier le lui rend bien.
Le Boss revient et il est pas content !

Ténèbres sur La Terre Promise

Bruce Springsteen, qui a fêté ses 76 ans en septembre dernier, est depuis longtemps entré dans la légende de la Culture américaine, que ce soit dans son pays ou à l'étranger.
Dans son vaste répertoire, certains titres sont des tableaux de cette Amérique profonde où la musique et le verbe remplacent les brosses et les huiles.

The Promised Land, en mode road trip

En 1975 l'album "Born to Run" propulse Bruce Springsteen sur le devant de la scène rock américaine après deux autres albums et surtout des tournées enchaînées à un rythme effréné. 
"Born to Run" est un vrai carton mais le jeune musicien s'aperçoit que les retombées de ce succès semblent plus profiter à son manager Mike Appel qu'à sa propre carrière.

Alors Springsteen se penche sur les contrats signés et s'aperçoit leurs clauses sont largement à l'avantage d'Appel et que, pire encore, une clause lui interdit d'enregistrer avec tout autre manager-producteur dans le futur.
C'est la rupture entre les deux hommes et le début d'une procédure judiciaire qui durera près de deux ans. Pendant cette période Bruce Springsteen, toujours tenu par ces contrats jusqu'à la décision judiciaire, ne peut pas enregistrer de nouvel album.

Le moral de Bruce Springsteen n'est pas au mieux et le décès de son idole, Elvis Presley, le plonge dans un état dépressif dont il doit sortir.
A la fois pour se changer les idées mais aussi trouver de nouvelles sources d'inspiration, Bruce Springsteen se lance dans un road trip de quatre jours en août 1977, de l'Utah au Nevada, accompagné du photographe Eric Meola et de son guitariste Steven Van Zandt.

Bruce Springsteen 1977

 Il résume son expérience lors d'une entrevue au Festival International du Film de Toronto en 2019, propos rapportés par Jeff Burger dans son recueil d'interviews du Boss).

On a aussi voyagé dans le Sud-Ouest, Steve Van Zandt et moi. On a pris l'avion pour Reno, on a acheté une voiture à deux mille dollars – je crois que c'était une Ford – et on a parcouru environ mille miles à travers le Sud-Ouest en prenant des photos. Je suis passé devant un endroit appelé le Rattlesnake Speedway dans l'Utah. Quel nom génial ! Et toutes ces choses ont commencé à m'influencer. Je voulais composer une musique qui ne se limite pas au New Jersey ou aux promenades en bord de mer. Je voulais refléter toute la richesse des paysages du pays. 

Quittant l'univers des marginaux bad boys qui l'inspirait jusqu'alors, il s'inspire de cette Amérique profonde et de ces personnages ordinaires pour composer l'album "Darkness on the Edge of Town" (Tenèbres à la Limité de la Ville).

Single extrait de l'album et sorti en octobre 1978, The Promised Land  décrit le parcours difficile et la foi inébranlable dans le rêve américain d'un jeune homme qui trime comme un fou pour l'atteindre.

Le Boss "casse" la Glace en hommage à Minneapolis

Quel contraste entre ce titre et la tonitruante déclaration du candidat Trump en 2024 ! 
"American dream is over !".
Après un an à la Maison Blanche, l'Amérique est "défigurée" et le cinéma offre un catalogue de titres qui pourraient s'appliquer à l'Amérique MAGA : "American Nightmare" (Le Cauchemar américain), intitulé "La Purge" au Québec, "Civil War" une uchronie en passe de devenir réalité, sans oublier "1984" d'après Orwell ou le délirant "Le Dictateur" de Charlie Chaplin.

Durant sa campagne, il a promis aux Américains de faire baisser l'inflation en 24 heures, de publier les dossiers Epstein, de mettre fin aux guerres et de chasser les immigrés clandestins convaincus de crimes violents. Ce programme a rallié les "indépendants", les Républicains modérés et bien sûr la base MAGA fanatisée.
En moins d'un trimestre le dictateur américain applique une politique bien éloignée de son programme et surtout entièrement dictée par son hubris et ses obsessions, à la stupéfaction du monde et des Américains en premier chef.

Trump & Kristi Noem (DHS)

A tous les sens du terme "Caroten Man" est en guerre, bombardant ici et là, gouvernant sous la menace permanente. Parmi ses obsessions on trouve pêle-mêle les élections de 2020, le parti Démocrate et tout particulièrement Barack Obama et Jo Biden, et surtout les "étrangers".
Si lors de sa campagne il enthousiasma les foules en promettant d'expulser les clandestins criminels dangereux, depuis le début de ce second mandat toutes les limites ont été balayées que ce soit en terme de légalité et d'humanité !
L'envoi illégal de la Garde Nationale à Los Angeles n'était que le début de la guerre personnelle de Trump contre les grandes villes démocrates, telles Portland, Chicago, NewYork ou encore Minneapolis.
Nos grands media ont été assez discrets à propos des 5 tirs qui ont grièvement blessée Marimar Martínez, citoyenne américaine,  le 5 octobre dernier à Chicago.

Springsteen chante pour les martyrs de Minneapolis

Minneapolis (Minnesota).
En 2020 le nom de cette ville réputée pour sa qualité de vie et la solidarité de ses habitants était sur toutes les lèvres associé à celui d'un chauffeur routier afro-américain, George Floyd, assassiné par le policier Derek Chauvin. Révoltée par ce crime raciste, Minneapolis manifeste au cri de "Black live matters".

Cinq ans plus tard, 2 000 agents de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) et du CBP (Customs and Border Protection) envahissent Minneapolis.
Comme dans toutes les villes où sévissent ces milices, les citoyens filment les exactions de plus en plus nombreuses et de plus en violentes lors des rafles ou des violations de domiciles sans mandats. 

A Minneapolis les milices du DHS, sous l'autorité de Kristi Noem la Barbie tueuse de chien et le commandement de Greg Bovino, perdent toute mesure et engendrent terreur et chaos au sein de la population.

Le 7 janvier 2026 c'est le drame.

Une jeune femme de 37 ans vient d'accompagner sa fille à l'école quand des véhicules banalisés bloquent le passage. Les agents de l'ICE se dirigent vers elle tandis que sa compagne sort de la voiture pour les filmer.
Un des agents, Jonathan Ross, se porte sur le côté passager et lui fait baisser sa vitre pour la prendre à partie. "Casse-toi ! Dégage de là !". La conductrice sourit : "Ça va mec ! Je ne suis pas fâchée". Sur ces mots elle enclenche la vitesse, braque à droite pour partir.
Tout en filmant avec son portable, Jonathan Ross dégaine et lui tire 3 balles à bout portant dans la tête avant de s'éloigner calmement en proférant "Sale pute !" en guise d'oraison funèbre. A noter qu'une cagnotte en ligne a récolté 1 M de dollars pour cet acte héroïque ¿
Un témoin, médecin, veut lui porter assistance mais les agents de l'ICE le repousse. La jeune femme respirera encore 8 minutes avant qu'une ambulance arrive.

Renée Nicole Good avait 37 ans, elle était blanche américaine.

Presque dans la foulée, c'est la curée à la tête de l'état. Trump, Noem, Vance parlent d'une "terroriste de l'intérieure qui a utilisé son véhicule comme une arme pour blesser Jonathan Ross. Kristi Noem parle "d'impunité totale" pour les "courageux" agents du DHS.
Quant à Trump il finira par montrer toute son humanité avant de partir en weekend à Mar a Lago :

J'aime tout le monde. Je suis triste pour ses parents, on m'a dit qu'ils aiment Trump. Leur fille a mal tourné. J'espère qu'ils continueront à aimer Trump

Difficile d'être plus empathique, non !?

Minneapolis est sous le choc, puis toute l'Amérique qui découvre les différentes vidéos qui détruisent le narratif de l'administration Trump.

L'hommage du Boss à Renée Nicole Good

Le 17 janvier le Light of Day WinterFest ouvre ses portes au Count Basie Center à Red Bank (New Jersey) afin de récolter des fonds pour la fondation Light of Day qui lutte contre la maladie de Parkinson.

L'évènement de la soirée est le concert surprise de Bruce Springsteen, accompagné pour l'occasion par Joe Grushecky & the Houserockers.

Au moment d'entamer son tube The Promised Land, le chanteur ne mâche pas ses mots.
En spoiler je vous livre la transcription originale.

TEXTE ORIGINAL :

This next song is probably one of my greatest songs. And I don’t want to be out of water tonight, but I wrote this song as an ode to American possibility … both to the beautiful but flawed country that we are, and to the country that we could be. Now, right now, we are living through incredibly critical times. The United States, the ideals and the values for which it stood for the past 250 years, is being tested as it has never been in modern times. Those values and those ideals have never been as endangered as they are right now. So as we gather tonight in this beautiful display of love and care and thoughtfulness and community … if you believe in democracy, in liberty … if you believe that truth still matters, and that it’s worth speaking out, and it’s worth fighting for … if you believe in the power of the law and that no one stands above it … if you stand against heavily armed masked federal troops invading American cities, and using Gestapo tactics against our fellow citizens … if you believe you don’t deserve to be murdered for exercising your American right to protest … then send a message to this President. And as the Mayor of that city has said, ICE should get the fuck out of Minneapolis. So this one is for you, and the memory of the mother of three and American citizen Renee Good

Il exprime à voix haute ce que ressentent les États-Uniens encore attachés à la démocratie et à la Constitution, ceux qui depuis le 20 janvier 2025 se réveillent chaque jour avec une gueule de bois morale en découvrant que chaque jour est pire que la veille.

La chanson suivante est probablement l'une de mes meilleures. Je ne veux pas être à court d'inspiration ce soir, mais j'ai écrit cette chanson comme une ode aux possibilités américaines... à la fois à ce pays magnifique mais imparfait que nous sommes, et au pays que nous pourrions être. Aujourd'hui, nous traversons une période extrêmement critique. Les États-Unis, les idéaux et les valeurs qu'ils ont défendus pendant 250 ans, sont mis à l'épreuve comme jamais auparavant dans l'histoire moderne. Ces valeurs et ces idéaux n'ont jamais été aussi menacés qu'aujourd'hui. Alors que nous sommes réunis ce soir dans cette belle démonstration d'amour, d'attention, de prévenance et de solidarité... si vous croyez en la démocratie, en la liberté... si vous croyez que la vérité compte toujours, qu'il vaut la peine de s'exprimer et de se battre pour elle... si vous croyez au pouvoir de la loi et que personne n'est au-dessus d'elle... si vous vous opposez à ce que des troupes fédérales lourdement armées et masquées envahissent les villes américaines et utilisent des tactiques dignes de la Gestapo contre nos concitoyens... si vous croyez que vous ne méritez pas d'être assassiné pour avoir exercé votre droit américain de manifester... alors envoyez un message à ce président. Et comme l'a dit le maire de cette ville, l'ICE devrait foutre le camp de Minneapolis. Ceci est donc pour vous, et à la mémoire de Renée Good, mère de trois enfants et citoyenne américaine.


►Paroles et traduction


Mais pour Minneapolis le cauchemar n'était pas terminé.
Dans n'importe quelle démocratie digne de ce nom, la mort de Renée Nicole Good aurait été un signal d'alarme, pas dans l'Amérique de Trump.
Probablement confortés par le message "d'impunité totale" envoyé par leurs dirigeants, les agents du DHS continuent de terroriser la population de Minneapolis, toute la population. 
Les parents, blancs américains électeurs républicains compris, n'osent même plus envoyer les enfants à l'école car l'ICE et le CBP raflent devant les écoles après avoir tenté d'entrer directement dans les établissements.

Le 26 janvier un homme tente de régler la circulation chaotique quand il voit sur le trottoir une femme interpelée par les agents du DHS.
Il se précipite pour filmer tandis que ces brutes jettent la femme à terre et la molestent. Le jeune homme se porte à son secours pour tenter de la relever mais les agents se ruent sur lui, le rouent de coups de pieds et de coups de poings tout en le fouillant.
Ils trouvent l'arme de poing, dissimulée comme l'y autorise le 2ème amendement et la mettent dans leur véhicule.

Alex Pretti, citoyen américain lui aussi âgé de 37 ans, infirmier dans un hôpital pour vétérans, est à terre, désarmé quand les agents du DHS l'assassinent de 11 balles dans le corps.
A ce jour, ses assassins ne semblent faire l'objet d'aucune enquête. Le pouvoir fédéral empêche les autorités policières et judiciaires de l'état du Minnesota d'accéder aux pièces du dossier.

"La Cavalerie arrive !"

Une autre image va faire le tour de l'Amérique et du monde, celle du petit Liam Conejo Ramos qu'un agent de l'ICE va utiliser comme appât pour arrêter son père.
Renee Good, Alex Pretti et ce garçon au bonnet bleu à oreilles de lapin blanc sont désormais les symboles d'un pouvoir à la dérive dictatoriale que même une partie de l'électorat républicain traditionnel réprouve.

Pour Bruce Springsteen, le stade de l'indignation est franchi. 
En quelques heures il compose une chanson hommage qu'il interprète le 31 janvier à Minneapolis et qui depuis a fait le tour des USA et au delà, reprise dans plusieurs pays étrangers : Street of Minneapolis.

Cri d'indignation, cri de colère, Street of Minneapolis est sans concession et sonne comme un électrochoc contre ce qui ressemble "fhürieusement" à une dictature.
Nul doute que ce dernier titre sera un titre phare de la tournée américaine qui commencera le 31 mars à Minneapolis et qui s'achèvera à Washington DC. 
Intitulée comme son dernier album Land of Hope and Dreams (Terre de l'Espoir et des Rêves) cette tournée sera une tournée anti Trump et le chanteur ne s'en cache pas sur les réseaux sociaux.
Une tournée très probablement sous haute-tension à environ 8 mois de midterms.

Nous vivons des temps sombres, troubles et dangereux, mais ne désespérez pas : la cavalerie arrive ! [...] Nous allons faire vibrer votre ville en célébrant la défense de l’Amérique, la démocratie américaine, la liberté, notre Constitution et notre rêve sacré, tous menacés par notre aspirant roi et son gouvernement voyou. Tous, quelles que soient vos convictions, soyez les bienvenus, venez rejoindre la république libre de la Nation E Street pour un printemps américain de Rock’n’Rébellion !

A celui que Trump qualifie de "connard" et de chanteur "très surcoté", un porte-parole de la Maison Blanche prédit un échec cuisant. 

Dans l'cul Lulu !
Quand on sait que la dernière tournée du Boss a rapporté 730 millions de dollars, un record, il n'est guère étonnant d'apprendre que d'ores et déjà quasi toutes les places sont vendues malgré des prix élevés sur le marché secondaire, entre 200 et 500 $ !

Et question "cavalerie" la charge contre la tribu MAGA sera lourde car outre le E Street Band au grand complet, Tom Morello, le guitariste de Rage against the Machine sera aux côtés de son ami Bruce durant toute la tournée, par amitié et par conviction.

Fuck ICE !

►Paroles et traduction


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